Le Musée

d’Archéologie et

d’Histoire de

Nyons et des

Baronnies

 Le Musée de Nyons.

Fondé en 1968 par l’Union des Préhistoriens, Archéologues et Amateurs d’Art de la Drôme et du Haut-Comtat, le musée présente au public des collections issues de la région de Nyons et des Baronnies occidentales.

Au fil des recherches menées par ce groupe les collections s’enrichissent. Des donations viennent aussi les compléter.

Un fil conducteur dans la muséographie « Cuisine et échanges en Baronnies » guide les visiteurs en insistant sur les préparations culinaires connues de l’époque concernée (une recette dans chaque vitrine) et aussi sur les objets ou matériaux exogènes découverts lors des travaux archéologiques ; tels ces outils en obsidienne provenant d’Italie au Néolithique moyen ou ces « mottes de beurre » en provenance de Touraine au Néolithique final.

Paléontologie et minéralogie régionales constituent aussi un fond documentaire non exposées et en cours de classement.

Nous tâchons d’enrichir, chaque année, la présentation pérenne en créant des vitrines ou ajouts nouveaux.

Chaque année une exposition temporaire est organisée sur un thème régional particulier.

Une Bibliothèque de Travail et d’Étude regroupe plusieurs centaines d’ouvrages consacrés essentiellement à Histoire, l’Archéologie, la Paléontologie, la Géologie et la Numismatique de la région. Les ouvrages peuvent être consultés sur demande [voir infra sur le site de la SEN la page  : notre revue, chapitre bibliothèque – le coin du bibliophile] contact : 06/08/47/11/95

poinçon sur troncature en silex blond

Paléolithique : le site de Chausan, à la sortie ouest de Nyons a livré les vestiges d’une occupation datée du Paléolithique supérieur (vers 15 000 av. J.-C.). Les sites de cette époque se rencontrent dans la région à Buis-les-Baronnies, Montbrison-sur-Lez, Vaison-la-Romaine entre-autres.

Deux microlithes en silex noir

Mésolithique : Cette période est peu représentée dans la région. Le site le plus important se trouve sur la commune de Montbrison-sur-Lez, au lieu-dit Pontaujard. Le Musée de Nyons expose 2 outils de cette période provenant du site de Ste-Luce à Vercoiran. Il s’agit de 2 barbelures de flèche en silex noir,
 

Boitier en os et 7 lamelles en silex

(pièce unique)

NéolithiqueCette période est très présente dans toute la région. Dans la plupart des villages des haches polies (marqueur incontournables de cette époque) ont été découvertes. Des sites plus ou moins importants marquent la naissance de l’agriculture et de l’élevage. Le gisement le plus important est situé sur l’oppidum de Ste-Luce à Vercoiran. Occupé du Mésolithique à la fin de Moyen-âge, il a livré de nombreux objets de toutes ces époques. Il semble être le site majeur  régional pour cette période de notre Histoire.

Vous verrez, dans les vitrines, des haches polies, des céramiques décorées de gravures fines, et un exceptionnel « couteau suisse » constitué d’un boitier en os contenant 7 lamelles en silex. cet ensemble, probablement porté à la ceinture est une pièce unique.

Un site découvert  au quartier des Laurons atteste de l’occupation préhistorique du territoire de la commune au Néolithique.

Âge du BronzeLe site majeur, pour la région, reste le site des Gandus à St-Ferréol-Trente-Pas. Fouillé entre 1978  et 1985 par le Spéléo-club Mottois il a livré des cabanes datées de 750 ans av. J.-C (1). un four culinaire (pièce unique) provenant d’une de ces cabanes est reconstitué dans la salle de Protohistoire. Plusieurs occupations de cette époque ont été identifiées sur la commune de Nyons. Les site des Guards a livré un intéressant matériel céramique et des objets en bronze (hache à douille, anneaux, etc…). Le site de Ste-Luce à livré d’exceptionnelles perles en verre bleu importées d’Italie du Nord vers 700 av. J.-C.

 1 : Fouille J-Cl Daumas – R. Laudet

 

Obole massaliote

Céramique peinte à pâte claire trouvée à Nyons

Période gallo-grecque  : L’impact de la colonisation grecque le long des côtes nord de la Méditerranée se fait sentir jusque dans notre région. L’important site du Pègue inonde de ses céramiques peintes à pâte claire (anciennement appelée « Pseudo-ionienne) la région environnante. Une monnaie massaliote dite « au crabe » datée du Ve siècle av. J.-C. est un témoignage des pratiques commerciales dans la vallée de Rhône. La céramique phocéenne et les oboles de Marseille sont assez courantes dans la région.

 

 

 

 

Tête en marbre trouvée à Nyons avant 1850

Vase à liquide en céramique kaolonitique grise voconce.

Atelier de potier – Dieulefit

Période Gallo-Romaine :   Dès le milieu ou la fin du 2éme siècle av. J.-C. les sites gallo-romains commencent à apparaître. Proche des villes romaines d’Orange, Vaison, Apt ou Valence le petit bourg (vicus) de Noiomagus est un lieu de franchissement de l’Eygues. Il fait partie de la cité des Voconces du sud avec Vasio (Vaison) pour capitale. Une borne miliaire, découverte en 2009 atteste de l’existence d’une voie antique reliant les deux capitales Voconces Vasio (Vaison) et Lucus Augusti (Luc en Diois) puis Dea Augusta (Die). Le vicus de Nyons semble devoir son emplacement au site de franchissement de l’Eygues. Un pont gallo-romain a t-il existé ? Certains le supposent mais les preuves archéologiques restent à découvrir, certains objets en fer (bientôt exposés au Musée) pourraient en être, actuellement les seuls témoins.

Le musée présente dans ses vitrine un ensemble exceptionnel de vases entiers en « céramique kaolinitique grise voconce » provenant d’un atelier de potier gallo-romain des IIe -IIIe siècles découvert à Dieulefit.

Boucle de ceinture mérovingienne

Haut Moyen-Âge : Les anciennes cités gallo-romaines feront place aux diocèses. Nyons appartient à celui de Vaison (où un évêque est attesté dès le 3e s).  L’implantation d’un monastère de moniales dépendant de l’archevêché d’Arles au VIe siècle fut, semble-t-il, le noyau centralisateur du bourg médiéval. 

Vase dit « pégau » typique des XIe – XIIIe siècles

Moyen-ÂgeLorsque le monastère s’implante sur le rocher un bourg se constitue autour. A partir des XIe XIIe siècles des fortifications défendent la ville. Celle ci ne d’étendra vers l’est qu’au XIVe s lors de la construction du pont.
Période Moderne : jusqu’au début du XIXe s. la ville restera enfermé dans son cadre médiéval de la vieille ville, le Bourg (Bas-Bourg) et le carré des Arcades.

Pichet en céramique commune.

Fin XVIIIe s.

Période contemporaine : Bloquée, à l’est, par les rochers la ville s’étend alors vers l’ouest le long des routes de Montélimar et d’Orange. La création de la gare date de la fin du XIXe siècle. C’est à cette époque que les remparts sont franchis. Quelques inscriptions gallo-romaines remployées dans les constructions médiévales refont surface. Quelques unes sont exposées au Musée.